Archives de l’auteur : Julie Poitras-Saulnier

Payer pour les services écologiques?

On peut dire que le terme biodiversité a fait bien du chemin depuis le Sommet de la Terre de Rio en 1992. En plus de voir son usage se répandre dans le vocabulaire tant courant que scientifique, l’ONU a déclaré 2010 l’Année internationale de la biodiversité. Voilà maintenant qu’elle vient de lancer la Décennie de la Biodiversité pour la période 2011-2020, au cours de laquelle un Plan stratégique sur la biodiversité sera mis en œuvre. Ainsi, afin de préserver la biodiversité, les gouvernements seront appelés, tout au long de ces dix ans, à développer, à mettre en œuvre et à communiquer les divers résultats des stratégies nationales pour la mise en œuvre de ce plan stratégique.

Lors de cette annonce, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a évoqué la nécessité, afin de garantir un développement vraiment durable, de la préservation de la diversité biologique ainsi que des biens et des services qu’elle nous procure. Un concept qui va bien au-delà d’une approche environnementale purement écologique, mais qui a des influences tant économiques que sociales.

Cette annonce m’amène à rouvrir le débat quant à la nécessité ou non, d’attribuer une valeur économique aux services écologiques pour l’atteinte d’un développement durable…

En effet, les écosystèmes stables sont générateurs d’emplois, de qualité de vie, de ressources et autres, en nous rendant une multitude de services :

  • Services d’approvisionnement : nourriture, médicaments, carburants, fibres vestimentaires, etc.
  • Services de régulation : filtration de l’eau, purification de l’air, contrôle des érosions, détoxification des sols, modifications du climat, etc.
  • Services de support : services de production primaire, cycle des nutriments, pollinisation, etc.
  • Services culturels : activités récréatives (ex. : cabane à sucre), paysage, sentiment d’appartenance, etc.

Bien que généralement, les services d’approvisionnement aient déjà une certaine valeur économique, plusieurs de ces services restent, pour ainsi dire, « gratuits ». On ne paie pas pour obtenir ces services… pas plus qu’on ne paie pour les répercussions de nos activités sur ceux-ci. Comme la perte de la biodiversité a des conséquences sur la capacité des écosystèmes à continuer de nous rendre ces services, est-ce réaliste de penser atteindre un développement durable sans attribuer une valeur financière à ces services ?

Si la réponse est non… comment implanter une telle démarche ? À qui payer ces services ? Combien vaut, culturellement, un Noël sous la neige ? Combien vaut l’air que je respire ? Et quels sont les risques de s’approprier ainsi les écosystèmes ?

Et si la réponse est oui… comment continuer de profiter des services écologiques sans pour autant entraver l’existence même de ces services ? Comment continuer de profiter du positif tout évitant le négatif ?

Voilà une foule de questions pour susciter maintes réflexions autour d’un bon verre de vin pendant le temps des fêtes…

En terminant, à combien estimeriez-vous la valeur globale des services écologiques annuellement?

Il y a quelques années, un économiste écologique du nom de Robert Costanza s’est risqué à tenter de répondre à cette question. Même si cela reste très approximatif, il a estimé le chiffre à 33 trillions de dollars US par année…

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Un mois sans produits transformés, mission possible?

Cette année, mes collègues de Montréal et moi avons décidé de participer au défi « October Unprocessed ». L’idée à la base de ce concept est de passer tout un mois sans consommer de produits transformés. En octobre 2010, 415 personnes s’étaient inscrites en ligne pour relever ce défi. Cette année, le blogue Eating Rules révèle que plus de 3000 personnes se sont inscrites… et nous étions du nombre!

Rejeter les produits transformés pendant un mois, oui, mais encore faut-il s’entendre sur ce que l’on entend par produit transformé. La définition de ce terme est assez subjective et la délimitation entre ce qui est inclus ou exclu est parfois difficile à établir. Avant de nous lancer dans l’aventure, nous avons donc convenu de ce que nous allions considérer comme un produit transformé. Inspirés du blogue Eating Rules, nous avons décidé d’éliminer de notre alimentation tout ce que l’on ne pouvait pas concocter nous-mêmes. Bref, dès qu’une étiquette contenait un ingrédient au nom incompréhensible, ce produit était considéré comme transformé.

En commençant ce défi, je dois avouer que je croyais le relever facilement et sans avoir à trop changer mes habitudes de vie. À la maison, nous achetons toujours des aliments certifiés biologiques dans une petite coop du quartier et ne consommons aucune malbouffe. Je me disais donc que je n’avais qu’à éliminer les quelques gâteries occasionnelles le temps d’un mois et que le tour était joué ! Hélas, bannir les aliments transformés s’est avéré beaucoup plus difficile qu’appréhendé.

Résumé d’un mois pas toujours évident…

Un défi antisocial

Après seulement quelques jours, mes collègues et moi en sommes venus à croire que couper les produits transformés était un défi… antisocial ! Chaque fois que nous consommions un repas ailleurs qu’à la maison, comment pouvions-nous être certains qu’aucun ingrédient utilisé n’était transformé ? À moins d’imposer nos critères d’alimentation à notre entourage, il aurait fallu, pour réussir complètement le défi, éviter les restaurants, les soupers chez les amis, les plats offerts par la famille et tous les autres événements sociaux impliquant de la nourriture. Face à cette impossibilité d’effectuer un parcours sans faute, nous avons décidé de dresser un « tableau des tricheries » dans lequel un point était retiré à la personne fautive chaque fois qu’elle consommait un produit transformé.

Un plat maison…transformé !

Une autre grande difficulté fut de reconnaître la présence de produits transformés. Par exemple, au cours du mois, un pain maison fait à la main m’a été offert par un membre de ma famille. Toutefois, ce pain était fait à base de farine blanchie, un aliment qui figurait parmi la liste des aliments à bannir. Il devenait donc difficile de penser à tous les ingrédients transformés qui pouvaient possiblement se retrouver dans nos repas. Le plus difficile était de dire non à ce délicieux cadeau.

 Un bilan positif

Malgré les difficultés rencontrées au cours du mois, ce défi a eu plusieurs retombées positives dans nos vies :

- Faire prendre conscience de l’omniprésence des produits transformés dans notre quotidien.

- Développer le réflexe de nous questionner sur la composition d’un repas avant d’ouvrir la bouche.

- Encourager à regarder davantage les emballages avant d’acheter un aliment. Finalement,

- Découvrir de nouveaux restaurants et inviter la famille par le fait même (ex. inviter mon père carnivore manger un repas cru, végétalien, biologique et vivant au Crudessence.)

Bref, malgré toutes les embûches que nous avons surmonté au cours du mois d’octobre, nous sommes unanimes pour dire que l’expérience a été très enrichissante et très révélatrice sur notre propre alimentation ainsi que sur l’ensemble de l’alimentation nord-américaine. Les produits transformés sont réellement omniprésents dans nos assiettes et les bannir est loin d’être simple !

Recommencerons-nous le défi l’an prochain ? Pour ma part, je réponds oui, sans aucune hésitation!

Vous être curieux de connaître les résultats ?

Dany : -19 points

Julie et Philippe : -15 points (égalité)

Conséquence du perdant : Payer la bière aux gagnants!

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