Pour le début de l’été, une salade de fruits pas si exotique

En parcourant l’excellent blogue de mon collègue Tom Liacas, je suis tombé sur le terme B.A.N.A.N.A. (Build Absolutely Nothing Anywhere Near Anyone – or Anything), terme savoureux s’il en est un.

Merci Tom de nous rappeler ces fruits si exotiques, mais ô combien réels localement.

B.A.N.A.N.A. a été proposé dans les années ’90 par l’industrie notamment par les secteurs de l’énergie et de la planification urbaine pour décrire l’opposition des groupes de pression au développement.

Bien que péjoratif, l’acronyme est maintenant utilisé par certains groupes qui s’en réclament en spécifiant que l’humain a déjà bâtit tout ce qu’il avait besoin pour se développer et qu’il est préférable de réutiliser et recycler plutôt que d’exploiter des ressources non exploitées ou de construire de nouvelles infrastructures (routières ou autres).

Cette appellation me semble plus significative que le NIMBY (Not In My Backyard) et plus contemporaine à l’ère de l’utilisation des médias sociaux par les groupes de pression. Le fait qu’en tant que partie prenante, je puisse personnellement intervenir sur des dossiers qui se déroulent dans n’importe quel pays du monde rend compte de l’évolution du NIMBY vers le BANANA. Le BANANA témoigne des valeurs et des convictions qui sont généralement liées aux groupes de pression.

Un exemple d’application de ce concept se retrouve dans un cas fort intéressant: Rosia Montana, un projet de mine d’or de Gabriel ressource en Roumanie. Ce cas, étudié par un collègue autrichien, Martin Neureiter, décrit bien les aléas et les côtés moins nobles du nouveau métier de partie prenante. La compagnie en a d’ailleurs fait un film: Mine your own business, qui évoque notamment l’emprise et l’incohérence de certains groupes de pression et individus dans leur lutte contre ce développement.

Le BANANA participe à l’avènement des nouveaux mouvements sociaux économiques (NMSÉ) qui sont étudiés notamment par l’École de Montréal.

Comme quoi (qumquat!), la nature humaine a parfois aussi un côté amer.

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